Les maladies mentales les plus fréquentes

Nous présentons ici les maladies mentales les plus fréquentes : la dépression, les schizophrénies, la bipolarité et les autres troubles anxieux (phobies, TOCS…).

Pour plus d’informations, nous vous recommandons les sites du PSYCOM, de l’UNAFAM 49, du CREHPSY Pays de la Loire et de la Fondation FondaMental.

L'Arc de Jeanne, la folie vue par Elisa, alias Eyzia.

Le handicap psychique

La situation de handicap des personnes en souffrance psychique (souffrant de maladie mentale) est assez récente à l’échelle de la reconnaissance des autres situations de handicap. C’est la Loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées qui la définit comme suit :

« Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ».

La dépression

La dépression affecte 2,5 millions de Français chaque année. On considère ainsi qu’environ 16-17% des individus présenteront au moins un épisode dépressif au cours de leur existence.

C’est une maladie, et non le reflet d’une faiblesse de caractère. Elle peut durer quelques semaines, souvent plusieurs mois, parfois plusieurs années. Elle nécessite une prise en charge médicale et sa guérison n’est pas une affaire de volonté. C’est un véritable trouble psychique.

Les symptômes

Ces troubles dépressifs se manifestent par une perte d’intérêt pour toute activité et une baisse d’énergie.

Ils peuvent aussi s’accompagner de symptômes comme la fatigue, la baisse d’appétit, des troubles du sommeil, des difficultés d’attention et de concentration, une irritabilité, des pensées suicidaires, une diminution importante de l’estime de soi, un ralentissement psychomoteur et la présence de douleurs physiques qui semblent inexplicables.

La folie dessinée par Matteo, 11 ans.

Les conséquences

La dépression peut avoir des conséquences importantes sur la vie affective, familiale, professionnelle et sociale de la personne concernée. Malgré ces difficultés, il est possible de se rétablir d’une dépression.

La dépression peut connaître une évolution chronique et ses complications peuvent être sérieuses. En effet, le risque de rechute après un épisode dépressif est possible. Dans 50% à 80% des cas, il peut survenir dans les cinq années après un premier épisode.

Des travaux de recherche ont notamment démontré que les récidives pouvaient avoir des conséquences se traduisant par des difficultés cognitives en termes d’attention, de concentration ou de rapidité.

Par ailleurs, les impacts relationnels, familiaux et professionnels de la dépression sont importants : les symptômes de la dépression sont difficiles à comprendre et à accepter pour les proches et sont souvent incompatibles avec le maintien d’une activité professionnelle.

Le risque de suicide est également majoré et les patients ont, en outre, une probabilité accrue de développer des pathologies somatiques chroniques (diabète, obésité, problèmes cardiovasculaires, etc.).

Le traitement

La dépression est une maladie qui peut être traitée. Le but du traitement est de soulager la souffrance et la tristesse, de diminuer les conséquences de la dépression et le risque suicidaire. Le traitement peut être médicamenteux, mais peut aussi se faire par psychothérapie.

La folie dessinée par Ludivine, 7 ans
La folie vue par Laetitia.

Le burn-out

Le burn-out est une forme de surmenage qui mène à l’épuisement émotionnel, physique et psychique. Cela arrive souvent quand le travail, ou d’autres événements de la vie, génèrent des tensions fortes et exigeantes :

  • Le stress
  • Le harcèlement moral
  • Les conflits
  • Etc.

Le risque de burn-out au travail augmente lorsqu’un poste réunit plusieurs facteurs. Des chercheurs les ont classés en plusieurs grandes catégories.

  • L’intensité du travail : les longues journées de travail, les horaires atypiques, les horaires imprévisibles…
  • Les exigences émotionnelles.
  • Le manque d’autonomie.
  • Les conflits de valeurs : il peut exister un conflit entre ce qui est exigé de nous au travail et nos valeurs professionnelles, personnelles ou sociales.
  • L’insécurité vis-à-vis de l’avenir.

Les troubles bipolaires

Le trouble bipolaire, autrefois appelé psychose maniaco-dépressive, est une maladie au long cours qui entraîne des dérèglements de l’humeur. Elle peut prendre diverses formes.

Les symptômes

Dans sa forme la plus typique, elle comporte des périodes d’exaltation de l’humeur (épisode maniaque) et de fléchissement de l’humeur (épisode dépressif).

Lors des épisodes maniaques, la personne peut-être hyperactive, euphorique, irritable, faire de multiples projets, perdre toute inhibition, faire des dépenses inconsidérées et perdre son objectivité.

Lors des épisodes dépressifs, la personne est triste, ralentie, n’a goût à rien, a de grosses difficultés à exécuter ses activités quotidiennes Elle peut avoir des idées suicidaires.

Dans tous les cas, le sommeil peut être gravement perturbé.

Entre ces épisodes la personne retrouve un état psychique plus stable. Ces épisodes peuvent s’enchaîner de différentes façons et les états dépressifs et maniaques peuvent être d’intensité variable.

Les causes

Ces troubles de l’humeur apparaissent soit sans raison apparente, soit en réaction à un facteur déclenchant comme des événements de la vie, personnels ou professionnels, positifs ou négatifs (une séparation, une promotion professionnelle, un deuil, un déménagement, une perte d’emploi…).

La folie dessinée par Théo, 11 ans.

Source : Haute Autorité de Santé (HAS)

Les schizophrénies

Pour commencer, nous dirons qu’il y a des schizophrénies et non une seule schizophrénie, car l’expression de la maladie dépend beaucoup de la personnalité du malade et/ou de son environnement. La maladie touche 1% de la population mondiale, et elle se déclare généralement en fin d’adolescence ou au début de la vie active.

Les troubles associés à la schizophrénie se divisent en trois catégories :

  • Symptômes positifs
  • Symptômes négatifs
  • Troubles cognitifs

La maladie n’est pas un trouble de double personnalité.

Les symptômes

Les symptômes positifs sont ceux qui correspondent à une image « classique » qu’on pourrait avoir d’un schizophrène, d’une personne « bizarre » : des hallucinations, des délires, la personne parle toute seule, le langage est incompréhensible. Cependant, ces anomalies se traitent : le médicament neuroleptique permet de « ramener la personne sur Terre », mais cela peut prendre du temps.

Les symptômes négatifs peuvent s’apparenter à la dépression : la personne se coupe progressivement des autres, abandonne ses activités habituelles, ne prend plus soin d’elle.

Les troubles cognitifs touchent l’organisation et la capacité de la personne à se concentrer : difficulté de planifier des tâches, procrastination permanente…

Les conséquences

Une caractéristique qui revient souvent dans la maladie est le fait que la personne ne se sent absolument pas malade, ce qui rend le traitement difficile, et les interruptions de traitement peuvent être dramatiques, car le risque de suicide est réel : on estime que 15 à 20% des schizophrènes se suicident.

Il faut savoir que tous les troubles de la schizophrénie ne se manifestent pas nécessairement en même temps, mais ils peuvent être très handicapants : seuls 20 à 30% des schizophrènes travaillent en milieu ordinaire.

La folie vue par Yasmine, alias Grain de Yas.

Source : UNAFAM 49

Les autres troubles anxieux

L’anxiété est présente chez tous les individus. Cette émotion constitue une réponse à un danger ou une situation potentiellement inquiétante. Elle est souvent ressentie comme désagréable. Les scientifiques considèrent cependant qu’elle joue un rôle dans notre capacité à affronter le danger et à nous adapter à une situation nouvelle.

L’anxiété peut devenir problématique lorsqu’elle devient trop intense ou envahissante au point de perturber le quotidien. Cette anxiété peut alors prendre plusieurs formes.  Il peut s’agir de troubles anxieux, parmi lesquels le trouble anxieux généralisé (TAG), l’attaque de panique qui peut entraîner le trouble panique, les phobies. Il peut s’agir d’un trouble obsessionnel compulsif, ou TOC, ou d’une attaque de panique.

Ces troubles peuvent avoir des conséquences très fortes sur notre vie au quotidien, au niveau affectif, familial, au travail ou pour les loisirs.

Les TOC

Le TOC se manifeste par des pensées dérangeantes, répétitives et incontrôlables, appelées obsessions, qui causent une forte anxiété.

Pour diminuer la souffrance qui en résulte, les personnes développent des comportements répétitifs, irraisonnés et irrépressibles appelés compulsions. Ces compulsions sont des activités que nous nous sentons obligés de répéter – soit des gestes, soit des comportements. On les appelle aussi des rituels. Il peut s’agir de compter, de ranger les choses dans un certain ordre, de répéter des mots dans sa tête. Nous ne tirons aucun plaisir de la réalisation de ces actes.

Leur but est d’empêcher un événement qui, s’il survenait, impliquerait un malheur pour nous ou quelqu’un d’autre, et dont nous serions responsable. Nous savons, la plupart du temps, que notre comportement est absurde et inutile. C’est pourquoi nous essayons de le contrôler, sans y parvenir.

Le TOC s’accompagne presque toujours d’une anxiété. Cette anxiété s’aggrave quand nous essayons de résister à la compulsion.

Témoignage de Laetitia

 « Ce monsieur avait besoin de personnes compréhensives, encourageantes pour sortir de chez lui et se détendre… »

« En tant qu’éducatrice spécialisée, j’ai accompagné une personne souffrant de TOC. Cette personne était très sociable et très intelligente, nous avions des conversations très intéressantes et sur de nombreux sujets.

Mais pour réaliser des tâches quotidiennes tout était difficile. Pour aller faire ses courses il devait lutter contre ses compulsions pour pouvoir mettre ses courses dans son caddie. Cette personne ne sortait plus de chez elle car tous ses actes quotidiens étaient un combat permanent. Ce monsieur avait besoin de personnes compréhensives, encourageantes pour sortir de chez lui et se détendre…»