Notre équipe

L’association compte une vingtaine de bénévoles. Cette équipe est composée de personnes en situation de handicap ou non et ils interviennent ponctuellement ou de manière plus récurrente pour nos actions de sensibilisation ou pour l’organisation interne de l’association.

Présentation du bureau de l'association

Témoignage de Laetitia, la présidente

Je suis Laetitia Mahé, éducatrice spécialisée depuis 2008. J’ai d’abord découvert les difficultés psychiques en exerçant dans le domaine de la Protection de l’Enfance sans pouvoir réellement mettre des mots sur ces maux.

Ensuite, j’ai travaillé dans un Service d’Accompagnement à la Vie Sociale et en foyer de vie auprès de personnes schizophrènes, autistes, touchées par des TOC et d’autres handicaps. J’ai pu rencontrer des situations très différentes et enrichissantes. Mais aussi l’isolement et la stigmatisation dont ces personnes sont victimes.

En parallèle de ma carrière professionnelle, j’ai découvert des endroits conviviaux et originaux comme les cafés de parents où ceux-ci peuvent partager leurs expériences familiales et trouver du réconfort et de l’écoute si besoin. Puis, le Café Joyeux qui emploie des personnes atteintes de déficiences mentales.

Le principe de ce café étant de permettre à ces employés « extraordinaires » de s’épanouir par le travail et de sensibiliser le grand public au handicap.

L’association Inclusion 49 s’inspire de ces différents projets au service des personnes souffrant de handicap psychique et se base également sur mes expériences professionnelles.

Témoignage de Yasmine, la trésorière

Je sui Yasmine Tabanous. J’ai décidé de m’investir dans Inclusion 49 car c’est une association qui porte un projet qui a du sens et qui mérite d’être développé.

On a tous des fragilités et des forces et le handicap psychique ne devrait jamais être une barrière sociale ou professionnelle.

On parle beaucoup de discrimination raciale ou de genre mais peu de ce que vivent les personnes en situation de handicap (quel qu’il soit) ainsi que les préjugés dont ils sont victimes. Les esprits commencent à s’ouvrir mais il y a encore beaucoup de travail à faire.

Témoignage de Pauline, la secrétaire

Je suis Pauline Véron, monitrice éducatrice. J’ai rejoint l’équipe à la création de l’association en mai 2019 en tant que bénévole et aujourd’hui comme secrétaire. Après diverses expériences, je travaille aujourd’hui auprès d’enfants souffrant de troubles du comportement.

J’ai connu l’association grâce à sa page Facebook. Souhaitant m’investir et apporter mon aide dans une association, j’ai rencontré Laetitia qui m’a présenté l’association et son projet de café inclusif.

Les valeurs, le projet et la bonne humeur de l’association m’ont convaincu de suivre dans ce joli projet ! Depuis sa création, l’association a accueilli de nouveaux bénévoles, les idées et projets continuent de grandir tout en gardant le projet de café inclusif qui avance aussi.

L’évolution de l’association avec les nombreux projets en parallèle du café inclusif est vraiment chouette et donne l’envie de continuer à s’investir.

Présentation des bénévoles

Je suis Philippe. À mon départ en retraite, un important lien social s’est rompu. N’ayant pas su le remplacer, j’ai fini par sombrer dans l’alcoolisme et la dépression. Après plusieurs tentatives de suicide, je bénéficie d’un suivi depuis un an et demi au CMP. En plus du traitement médicamenteux, il m’a été conseillé de m’investir dans une association pour me reconstituer un lien social.

Quand Inclusion 49 s’est présentée, j’ai saisi l’opportunité.

J’ai particulièrement apprécié les cafés-rencontres à Jean Vilar qui m’ont permis de côtoyer d’autres personnes dans la convivialité. Le contact avec le public a été lui aussi important pour moi

Je vais te raconter mon expérience. Étant un ancien serveur en restauration, j’ai fait une reconversion comme aide de cuisine. J’ai été pris dans une cuisine centrale, il y a plus de treize ans de cela.

Tout allait bien les premières années. Je montais les étapes l’une après l’autre. Mais il y a quatre ans de cela, j’ai eu des soucis d’ordre personnel et je suis tombé en dépression. Je me suis retrouvé à Sainte Gemmes sur Loire à l’hôpital psychiatrique. Mon entreprise l’a su par l’intermédiaire d’un pseudo ami qui a travaillé avec moi.

Une fois retourné à l’entreprise, les regards sur moi étaient plus que gênants. Je prenais des médicaments anti-dépresseurs pour ne pas retomber dans la dépression.

Mais le responsable de l’entreprise m’a interdit de prendre des couteaux de cuisine et en plus, j’avais perdu mon poste de chef d’expédition.

Ces derniers m’ont poussé à me mettre en arrêt longue maladie du fait de prendre des médicaments. Je faisais des tâches plus qu’ingrates, mais j’ai essayé plusieurs fois de me remettre en selle.

Mais la médecine du travail m’a interdit de continuer ainsi. Depuis, je suis toujours salarié jusqu’en 2022. Par la suite, je rentre en invalidité. Mais tant que je prendrai ces médicaments, je pense n’avoir aucun espoir de reprendre le travail.

Bénévole depuis décembre 2019.

Je m’appelle Meggie, j’ai 26 ans, je suis touchée par les troubles psychiques depuis l’adolescence. Aujourd’hui je suis stabilisée malgré quelques hauts et bas à gérer. Je suis suivie par le CMP de la Roseraie où j’ai connu Inclusion 49.

L’association m’apporte un lien social. On y rencontre plusieurs personnes et ça fait du bien, on reprend un peu confiance en soi sur nos diverses compétences.

L’association nous permet d’être pleinement investi dans tous les projets proposés autour des troubles psychiques. Elle apporte de la bienveillance entre nous, on s’y sent bien, on peut s’exprimer et se livrer ou non sans jugement, c’est réconfortant. Elle m’aide aussi à reprendre contact avec la réalité en plus de mes proches et de mon équipe psy.

L’association est un maillon qui participe à mon équilibre et je souhaite arriver à trouver un mi-temps dans un environnement où on prend en compte les gens comme moi, d’où le projet du café d’insertion professionnelle qui m’a attiré de suite.

Je souhaiterais tellement trouver une entreprise réceptive aux troubles psychiques.

Inclusion 49 est une association humaine, soutenant une belle cause dont je me sens plus que concernée.

Je m’appelle Nicolas, j’ai 30 ans et je suis atteint de schizophrénie dysthymique. Derrière cette expression un peu barbare se cache tout un parcours qui n’a pas forcément été tout le temps linéaire. Je ne vais pas redéfinir ici la maladie de la schizophrénie, bien que l’aspect « dysthymique » mérite qu’on s’y attarde un peu.

Pour commencer, je dirais qu’au début j’ai été diagnostiqué comme enfant précoce, avec une petite particularité que mes parents et moi n’avons découvert que bien plus tard : un Q.I. (quotient intellectuel) verbal très élevé mais un Q.I. non-verbal tout à fait ordinaire.

Pour résumer, des connaissances très importantes pour un enfant de 8 ans (puisqu’il s’agit de l’âge où j’ai passé le test de Q.I.) mais des capacités d’analyse et de réflexion « normales », pour un enfant de 8 ans, justement (qu’est-ce que la normalité me direz-vous).

Allez, balançons des chiffres : Q.I. verbal ;= 140 et Q.I. non-verbal = 91, moyenne des Q.I. ;= 120. On considère un enfant comme précoce si son Q.I. dépasse les 130, mon cas était donc…litigieux. En fait, la dissymétrie entre ces deux Q.I. pose problème, car la communication avec les autres s’en trouve perturbée.

À la rentrée 1999, j’ai donc intégré un cycle spécial précoce, en sixième, où le but était d’effectuer les quatre années de collège en trois ans. Ses années ont donc été…spéciales, je n’en garde d’ailleurs pas beaucoup de souvenirs. La dernière année, on considéra que je n’étais pas assez mûr pour entrer au lycée (vous imaginez un gamin de 12 ans rentrer en seconde ?), j’ai donc redoublé et intégré une troisième « classique » où j’ai pu un peu souffler. L’intégration n’était pas au top, mais c’était certainement mieux que le cycle précoce.

Quelques petites anecdotes de ce cycle précoce : dans le bus que je prenais (coucou la ligne 5A, qui n’a pas changé depuis toutes ses années d’ailleurs), il y avait des gens un peu « spéciaux », elles (il me semble bien qu’il n’y avait que des femmes) travaillaient vraisemblablement dans un IMPRO, l’ancêtre des ESAT, il y avait de l’animation dans le bus…du coup je me disais que je n’avais certainement pas envie d’interagir avec des gens pareils. Bon…ça et puis on me traitait souvent de « mongol », au collège donc.

En intégrant le lycée, je me sentais un peu mieux, mais me faire des amis était compliqué. Désolé « comment se faire des amis » n’est pas une matière qu’on enseigne au collège ou au lycée et, bien que cela semble naturel pour certains, ce ne l’était pas du tout pour moi.

Je finis par apprendre vers 2010 l’existence du syndrome d’Asperger, et c’est presque une révélation, voire une nouvelle religion, voilà, c’est ça mon problème ! En réalité, c’est un peu plus compliqué…

Avec mon regard d’aujourd’hui, je dirais que le problème venait du manque de pratique en interactions sociales « épanouissantes », c’est à dire où la personne en face ne cherche pas à profiter de toi et où elle te considère comme un égal.

Et ce n’était pas non plus lors de mon stage de fin d’étude suivi de premier emploi où j’étais considéré comme un égal. J’ai donc quitté ce travail en 2013 pour aller en Belgique, où j’ai pour la première fois de ma vie trouvé un environnement accueillant.

Malheureusement, une rupture amoureuse a été le facteur déclenchant du début des troubles psychiques, et d’un retour forcé en France le tout dans un contexte familial compliqué. Me pensant sorti d’affaire début 2016, j’arrête le traitement neuroleptique et ce fut pire qu’avant. 6 mois de trou noir, et une reconstruction très longue. Lorsqu’on finit par me dire que je suis schizophrène, je l’accepte car je n’ai plus rien à perdre.

Vivre la schizophrénie, c’est difficile. Au-delà des délires, qui sont je pense propres à chaque personne (bien qu’il y ait des thèmes récurrents), il y a les symptômes négatifs et les troubles cognitifs : envie de rien faire, pas envie de cuisiner, pas envie de faire le ménage, perte des centres d’intérêts. A quoi bon vivre ? Et c’est vrai que le risque de suicide chez les schizophrènes est terriblement élevé : la faute à une mauvaise prise en charge ? En réalité, on ne sait pas comment la maladie apparaît. Le cerveau demeure un mystère.

De quoi sera fait l’avenir ? C’est pour ça que j’ai rejoint les rangs d’Inclusion 49, il y a un énorme travail à faire pour déstigmatiser les troubles psychiques d’une manière générale, je ne saurais dire si je vais travailler dans le « café inclusif », mais j’adhère aux valeurs de l’association.

Bénévoles ponctuels sur notre action de cafés au centre Jean Vilar.

C’était intéressant de participer aux cafés inclusifs. On aimerait recommencer. On aime discuter avec les gens de tous les horizons. On a senti que les autres bénévoles étaient en confiance et motivés par ce projet très porteur.

On a parlé de beaucoup de choses, et il y a des sujets universels et fédérateurs : le foot, la cuisine/la gourmandise des gâteaux.

De manière générale, où que l’on soit, les gens ont surtout besoin d’amour.

Quand on est exclu, par la différence, handicap psychique ou autre, on est exclu pour de bon. C’est tellement triste car on a tous quelque chose à apporter.

La cinquantaine passée… À la recherche de l’équilibre !
En quelques mots…. Je vous livre quelques passages de mon histoire.

…Quelques événements douloureux me fragiliseront encore plus. Puis un début septembre 2007, tellement difficile à vivre, tellement violent et lourd qu’il chamboulera l’ordre de ma vie !

S’en suivra une longue traversée du désert, où tantôt je n’avais plus le goût d’entreprendre les choses, l’humeur triste, de longues périodes « au fond de mon lit », durant laquelle le temps s’arrêtait… l’énergie me lâchait ! Une grande souffrance, un grand « mal-être »…

Puis cet épisode était balayé avec l’énergie « démente » que je peux déployer parfois. Avec ses débordements : rouler à très grande vitesse, dépenser beaucoup d’argent que je n’avais pas toujours, faire plusieurs projets à la fois.

Tout cela finissait par m’épuiser… Et c’était reparti pour un tour…

Pour mes proches, la vie n’a certainement pas toujours été facile, avec ces montagnes russes émotionnelles par lesquelles je passais…

Après, le traumatisme de l’annonce du diagnostic : trouble bipolaire ! Je l’ai très longtemps nié. Je comprenais que je mettais en péril l’avenir de ma famille, j’avais peur.

Je me persuadais que je souffrais d’une maladie mentale moins inquiétante et socialement mieux acceptée, comme la dépression.

En refusant ce diagnostic, je portais cette maladie comme un fardeau, une honte. Avec cette image que le grand public a de la maladie… Puis, progressivement et douloureusement vint le temps de l’acceptation.

Aujourd’hui, je trouve la force d’avancer. Mon équilibre s’appuie sur mes enfants, mes amis, mon médecin psychiatre, une bonne hygiène de vie, c’est indispensable !

Mais aussi, sur l’accompagnement neuropsychologique de la structure Angevine Orion 49, très important pour moi, J’y reprends confiance en moi petit à petit, j’apprends à mieux connaître mes besoins. Je réussis à gérer davantage les périodes critiques.

Et sur l’engagement en tant que bénévole au sein de l’association Inclusion 49, où j’apprécie de rencontrer les gens, les écouter, échanger, partager sincèrement un moment simple avec eux, faire connaissance dans un espace rassurant, bienveillant, respectueux.

Le fait de m’impliquer très modestement en tant que bénévole au sein de l’association me fait trouver le courage de surmonter mes peurs, mes appréhensions. J’ai beaucoup de force malgré mes fragilités. Aussi, j’espère dans l’avenir trouver de nouveaux projets et me diriger vers le sens que je souhaite donner à ma vie.